ActualitésExercice 2019-2020 octobre 2019

S’employer à être plus cohérent, pour devenir plus tolérant !

Par Jacques Bourgeais, Directeur général


Rarement, des professions entières se sont senties autant stigmatisées qu’aujourd’hui. Les policiers et les agriculteurs éprouvent le même mal-être. Ce sentiment de travailler beaucoup, pour un manque flagrant de reconnaissance. Et notre société ultra-médiatisée exacerbe ces tensions. Pourtant, combien s’imaginerait exercer réellement (et en vivre) le métier oh-combien exigeant d’agriculteur, confronté tous les jours, à devoir nourrir et soigner ses animaux et ses plantes et à devoir supporter les incertitudes du ciel ?


Tout le monde sait donner des leçons et prétend savoir comment il faudrait cultiver… Mais les citoyens de plus en plus citadins et éloignés de la réalité des pratiques agricoles, ne peuvent en avoir qu’une vision simplifiée et par là-même, simpliste. La tolérance et la bienveillance ne signifient pas accepter n’importe quoi. Mais ces vertus passent par le respect de l’autre, la capacité à se mettre dans sa peau et à prendre du recul. Or on ne peut imaginer l’agriculture autrement que de façon globale. Car tout excès dans un sens ou dans l’autre, rejaillit quelque part. C’est vrai d’une façon générale en écologie : il n’existe pas de solution magique même s’il faut toujours tendre vers la moins mauvaise des solutions ; La notion de balance bénéfices – risques. 


Commencer par être plus cohérent dans ses comportements ne peut qu’aider à prendre du recul et donc à devenir plus tolérant. 


Car nous sommes pétris d’incohérences. En agriculture on ne peut pas réclamer en même temps et tout de suite, de manger bio et bon marché, de ne pas vouloir de produits importés mais de rajouter de telles contraintes aux agriculteurs français que certaines productions ne soient plus viables, de vouloir une agriculture pérenne et des assolements diversifiés mais de renoncer à stocker l’eau qui tombe en hiver alors que le réchauffement climatique se fait sentir. On plébiscite les insecticides pour se débarrasser des moustiques ou des puces sur nos animaux domestiques mais on les récuse catégoriquement à la ferme. On admet aisément en santé humaine la limite des médecines douces mais on adopte une position radicale quand il s’agit de santé animale ou végétale. 

On voudrait moins de vaches parce qu’elles dégagent du méthane et parce que la viande il faut en consommer moins, et pourtant ce sont bien les ruminants qui façonnent le plus nos régions de bocage et qui évite la course décriée à l’agrandissement, caractéristique des régions de grandes cultures. On a la nostalgie d’une époque révolue de la fermière qui trait ses vaches à la main mais ce sont bien pourtant les nouvelles technologies (agriculture de précision, robotisation…) qui portent en elles, une grosse part des solutions à la diminution du chimique. 


Alors oui, tout comme les antibiotiques ne sont pas automatiques, la profession agricole affiche une vraie volonté de réduire le chimique et elle s’y emploie.


Mais tout comme pour les voitures, le passage (déjà controversé) du moteur thermique à l’électrique prend du temps, l’évolution des pratiques agricoles obéit à des contraintes (économiques et de temps…) qu’il faut savoir prendre en considération. Nous avons besoin d’accompagner toutes les formes d’agriculture qui soient viables et respectueuses de l’environnement.

Alors oui, l’amour n’est plus dans le pré. Le film actuellement sur les écrans « Au nom de la terre » peut aider à faire prendre conscience que le métier d’agriculteur n’est pas simple. Beaucoup de travail pour des revenus souvent trop faibles et des contraintes techniques et psychologiques lourdes. Il doit aussi faire prendre conscience qu’il faut accepter de mettre un peu plus cher dans son alimentation et développer un comportement plus éthique dans ses achats. Mais il ne doit pas porter atteinte à la motivation des jeunes pour embrasser ce métier. Les agriculteurs ont envie simplement de vivre comme tout le monde, tout en exerçant leur beau métier avec rigueur et passion, sans être dénigré à chaque instant pour des pratiques qu’ils n’ont pourtant de cesse, pour le plus grand nombre, de faire évoluer favorablement. 

Alors arrêtons le catastrophisme ! L’espérance de vie en France a gagné plus de 20 % depuis 1950 (c’était hier !) et cet allongement est principalement lié à l’alimentation et à la santé, et par extension à la pharmacologie. La devise de Cavac, c’est « Positive Agriculture ». Et bien oui, sachons agir et positiver. Nous avons besoin d’agriculteurs bien dans leur tête, plus sereins et confiants dans l’avenir, pour pouvoir passer un message positif aux générations futures et susciter des vocations. 


Car s’il existe un métier dont on ne pourra pas se passer, c’est bien de celui d’agriculteur ! 


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