ÉditoExercice 2019-2020


Séparation conseil – vente pour les phytos. Quoi que l’on puisse en penser, ce ne sera plus comme avant

Par Jérôme Calleau, Président

Voici un rapide état des lieux, à date, des dispositions qui rentrent en vigueur en janvier 2021 en matière de séparation du conseil et de la vente, s’agissant des phytos chimiques. Un vendeur ne pourra plus faire de préconisation (conseil spécifique) pour des phytos de synthèse et un conseiller indépendant ne pourra plus vendre de phytos. C’est un peu le régime médecin – pharmacien, mais sans pour autant que l’agriculteur ait besoin d’une « ordonnance » pour acheter. Votre coopérative continuera à approvisionner ses sociétaires en produits phytos. Nous ne pourrons donc plus préconiser sur une parcelle donnée, un produit phyto chimique. Il appartiendra à l’agriculteur de retenir le produit le mieux approprié selon lui et idéalement un produit de biocontrôle. Tel est l’esprit de la loi. Si nous sommes tous pleinement conscients qu’il vaut mieux un produit naturel efficace qu’un produit chimique, pour les végétaux comme pour les animaux (et comme pour les humains !), encore faut-il en disposer pour la pathologie identifiée ! En tout état de cause, la solution chimique doit être la solution du dernier recours.

C’est un raisonnement simpliste que de penser que, nous agriculteurs, utilisons des produits phytos chimiques parce que nous y sommes incités par nos techniciens et au-delà du raisonnable. Ce sont des produits qui coûtent très cher, que nos techniciens ont à cœur de nous prescrire à des doses quasi-systématiquement bien inférieures aux doses conseillées sur les étiquettes et qui ne sont pas utilisés à tort et à travers. Les nouvelles dispositions compliquent à souhait les choses, sans que probablement, ça puisse avoir un impact réel sur les consommations de phytos chimiques. Au contraire moins bien conseillés, les agriculteurs risquent de s’en tenir aux doses indiquées par le fabricant et donc en consommer davantage. Les consommations ne baisseront vraiment que lorsque des solutions alternatives crédibles en grandes cultures seront proposées sur le marché. Ce qui évolue très lentement, trop lentement sans doute, mais c’est ainsi… En attendant, la loi étant la loi, il va appartenir à nos équipes sur le terrain mais tout autant à nous sociétaires, agriculteurs responsables, donc TOUS ENSEMBLE de s’adapter à cette nouvelle donne. Les agriculteurs que nous sommes, doivent gagner en autonomie dans leurs choix en matière de santé végétale et rechercher à chaque fois que c’est possible, une baisse de l’utilisation des produits phytos chimiques, sans que ça porte trop atteinte aux performances de leurs cultures.



 


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