ActualitésExercice 2019-2020 juin 2020

Des habitudes de consommation chamboulées…

Par Jérome Calleau, Président du Groupe Cavac.


Dis-moi ce que tu manges, et je te dirai qui tu es. Dis-moi là où tu es et je te dirai ce que tu manges… Le bouleversement des modes de vie depuis le début du confinement a bousculé du même coup, les stratégies d’achats alimentaires des ménages. Si le monde agricole et agroalimentaire peut se féliciter de mieux tirer son épingle du jeu que d’autres grands pans de l’industrie et des services -parce que l’alimentation est essentielle-, il n’empêche que tout n’est pas simple pour autant !


On ne mange pas une vache ou un litre de lait entier. On mange un steak, du beurre, un yaourt allégé… Le changement des habitudes alimentaires et notamment la fermeture de la restauration commerciale et collective, ont entrainé des déséquilibres matière importants. Jusqu’à 70 % de la viande bovine s’est trouvée consommée sous forme de steak haché (pas vraiment de nature à créer de la valeur !), le marché de la poudre de lait s’est effondré compte-tenu des perturbations à l’export, menaçant le prix du lait… Et puis d’une manière générale toutes les viandes plus prémium (veau, agneau, chevreau, canard, pintade, lapin, foie gras, gibier…) consommées en restauration ou lors d’occasions plus festives, ont vu leur consommation piquer du nez. Les acteurs de ces filières se trouvent vraiment fragilisés.


La spécificité des filières animales est qu’il n’est pas possible d’arrêter de produire du jour au lendemain. Ce n’est pas une chaîne de production de voitures. Les animaux sont dans les élevages. Ils doivent être abattus à la date prévue faute de devoir être déclassés. Et il faut des mois, et même des années en bovins, pour que les animaux arrivent à maturité. Et donc une énorme inertie. Du coup, faute de consommateur pour certaines espèces ou certains morceaux à l’instant t, les surgélateurs se remplissent de viandes et il faudra beaucoup de temps pour résorber cette situation inédite qui risque de peser sur les marchés encore longtemps. Surtout dans un contexte qui touche tous les pays.


Enfin, nous avons assisté à des changements dans les comportements. Beaucoup de Français se sont remis à cuisiner. Certains même à faire leur pain… Les magasins de producteurs ou multifrais, les magasins Bio ont sur-performé pendant le confinement. Les achats internet aussi. Difficile de mesurer ce qu’il en restera dans la durée. En attendant là-aussi, certaines entreprises doivent s’adapter à ces évolutions. En résumé, les filières agricoles et agroalimentaires ne sortiront pas indemnes de cette crise. Tout le monde a continué à manger, mais différemment ; et nous avons vu combien les équilibres (équilibre « matière » ; équilibre des différents circuits de distribution ; équilibre géopolitique) pouvaient être remis en cause en quelques jours.


Il faudra non pas des jours mais certainement des mois, pour un retour à la normale. Et notamment en productions animales. La coopérative entend être attentive aux difficultés de ces filières et les accompagnera du mieux qu’elle le pourra.


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