ActualitésExercice 2017-2018 février 2018

Stop aux caricatures !


Par Jérome Calleau, Président du Groupe Cavac.


La récente émission Cash Investigations était consacrée à « l’argent du lait ». Faute de pouvoir aller bien loin ce soir-là, sur les comptes de Lactalis (qui bien anormalement ne les publie pas), c’est le groupe coopératif Sodiaal qui s’est trouvé cloué au pilori et, en l’espace d’une demi-heure, c’est le modèle de gouvernance des grosses coopératives qui a été sévèrement mis à l’index. Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur la gouvernance de Sodiaal. Même si pour connaître son Président -à qui j’apporte mon soutien-, je le sais honnête, responsable et à l’écoute de ses collègues producteurs.

Mais ce sur quoi je souhaite réagir, c’est sur les méthodes employées par ce type de journalisme qui revendique de pouvoir lever le voile sur des sujets tabous et informer avec le plus grand des sérieux ; alors que dans les faits, ce sont des émissions à des heures de grande écoute, truffées de raccourcis et de caricatures.

Or tout ce qui est excessif, devient insignifiant. On le voit bien par exemple quand le sujet du bien-être animal est abordé dans ce type d’émissions. Des images chocs qui ne reflètent pas la réalité des élevages. Les éleveurs sont vent-debout… Mais le mal est fait. Dans le cas de Sodiaal, ce sont plutôt des chiffres chocs qui ont été « balancés », mais sélectionnés en dépit du bon sens et interprétés pour mieux renforcer la suspicion… Sodiaal a cherché dès le lendemain via communiqué de presse à restaurer sa vérité.

Mais qui lit ce genre de communiqué le lendemain d’une émission ? Bien évidemment très peu de monde !

Cavac ne se reconnaît pas dans ce genre de procès d’intention qui laisse insinuer que tout ce qui est gros est suspect, que les élus sont totalement déconnectés de la vie de leur coopérative et des décisions qui y sont prises.

Vous adhérents, vous l’aurez je l’espère bien compris. Mais M. et Mme tout le monde qui ne connaît rien à l’agriculture, en aura conclu ce soir-là que le modèle coopératif a des pratiques financières et de gouvernance totalement dévoyées. Et ça, je ne peux pas l’accepter ! Oh bien sûr, très très loin de moi, l’idée (je suis producteur de lait) que la situation de la filière laitière soit bien confortable !! Mais je ne pense que le monde agricole sorte grandi de ce genre d’émission.

Il aurait peut-être été plus pertinent de souligner avec force, que la suppression des filets de sécurité sur nos marchés désormais mondialisés, représente le premier élément d’explication des difficultés de la filière ; une filière qui malheureusement n’est pas la seule dans ce cas-là. La filière céréales n’est actuellement pas mieux lotie.



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