ActualitésExercice 2017-2018 mars 2018

Suppression des phytos ou l’insoutenable contradiction sociétale


Par Jérome Calleau, Président du Groupe Cavac.


Les États Généraux de l’Alimentation inscrivent la France dans une perspective de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Face à cette demande politique, 29 organisations du monde agricole dont l’ACTA qui fédère les instituts techniques, ont proposé un contrat de solutions. L’objectif : accompagner une évolution en prenant en compte les réalités scientifiques et la faisabilité technique des solutions envisagées. Dans ce cadre ARVALIS propose un éclairage des enjeux et une trajectoire d’évolution vers une protection intégrée des cultures.

Je vous invite à consulter à l’article Arvalis documenté sur ce sujet intitulé « Réduction des phytos : une transition engagée mais de longue haleine »De cet article synthétique, que je vous conseille vraiment à lire dans son intégralité, je retiendrais dans mon édito l’extrait suivant :


«  Depuis 1999, les agriculteurs ont réduit de près de 50 % en volume, l’utilisation des produits phytosanitaires. Les substances les plus dangereuses ont été interdites et les procédures d’homologation exigent un haut niveau d’innocuité sur la santé et l’environnement. Malgré tout, l’opinion publique souhaite une agriculture exempte de produits phytosanitaires. Mais est-ce possible ?


À court terme, assurément non ! L’impact serait majeur sur la qualité des produits, le volume de production et la survie économique des exploitations ainsi que des entreprises de transformation. Les bénéfices seraient très nettement inférieurs aux risques sanitaires, alimentaires, sociaux et économiques.


Contrairement à une idée véhiculée, il faut reconnaître que les solutions alternatives en grandes cultures ne sont pas suffisamment développées pour remplacer les techniques actuelles. A ce jour, au regard des 80 bioagresseurs identifiés en céréales, seules 9 substances de biocontrôle sont autorisées. Elles sont donc loin de couvrir tous les risques, et souvent avec un coût supérieur aux produits classiques pour une efficacité plus variable. La recherche doit donc se poursuivre et s’amplifier !


Une réduction brutale de l’usage des phytosanitaires augmenterait le coût de production qui ne peut être compensé que par une augmentation des prix à la consommation, comme cela se produit aujourd’hui en agriculture biologique. Les consommateurs accepteraient-ils de payer plus cher l’alimentation issue du mode de production qu’ils souhaitent ? (…)


L’obtention de variétés tolérantes aux bio-agresseurs est la pierre angulaire de ce nouveau mode de production. Même si la sélection de variétés toujours plus résistantes est une réalité, il faudrait des décennies avec les méthodes actuelles pour arriver à des variétés exemptes de maladies fongiques. Les nouvelles technologies de sélection utilisant des ciseaux moléculaires pourraient permettre d’accélérer la sélection de variétés multirésistantes. La société acceptera-t-elle l’utilisation de ces outils ? (…) »


Et pour conclure que l’avenir est à la protection raisonnée. Comme cela se fait dans le monde animal où les coopératives ont joué un rôle majeur dans la réduction de la consommation d’antibiotiques. C’est un travail passionnant au plan agronomique mais qui impose un délai scientifique qui n’est pas compatible avec le « pas de temps » politique…


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