Exercice 2026-2027
Face à notre désarroi
Par Franck Bluteau, Président
L’été que nous venons de vivre restera l’un des plus marquants. Sécheresse persistante, épisodes caniculaires à répétition, chute des rendements sur les cultures, prairies asséchées, difficultés pour constituer les stocks fourragers pour les élevages : aucune production n’a été épargnée. Personne n’imaginait que l’évolution climatique pouvait être aussi violente. Jamais nous n’avons connu une telle situation en plusieurs décennies d’activité. Et nous sommes nombreux à témoigner de notre désarroi !
Oui, l’évolution climatique est bien là, avec des conséquences concrètes pour nos exploitations.
Depuis plusieurs années déjà, nous alertons les pouvoirs publics sur la nécessité de préserver et de stocker une partie de l’eau de l’hiver pour sécuriser nos productions agricoles durant l’été. Les événements de cette année confirment l’urgence d’agir. D’ailleurs, il n’y a pas que l’agriculture de concernée. La biodiversité a aussi été mise à mal sans parler des incendies et de certaines usines agroalimentaires qui ont dû cesser temporairement leur activité par manque d’eau. La prise de conscience des citoyens sur l’enjeu du stockage de l’eau semble plus collective, les illusionnistes qui prônaient les productions végétales sans apports d’eau en période de sécheresse ont moins d’échos, la réalité est sans appel : sans eau, pas de vie !
Courant juillet, avec Olivier Joreau, nous avons rencontré le préfet de Vendée pour alerter sur la situation et lever les blocages sur certains projets de stockage d’eau pourtant conformes aux exigences réglementaires. Nous percevons aujourd’hui une évolution positive et une volonté de faire avancer les dossiers en cours et à venir ; en témoigne aussi le Plan départemental de l’eau de la Vendée lancé récemment (usage des carrières non exploitées, recyclage de l’eau à usage agricole et urbain, …).
Face aux excès de chaleur, nous espérons également une accélération de l’innovation génétique, nous ne pouvons plus nous permettre de refuser les avancées scientifiques dans une économie mondialisée où la compétitivité agricole se mesure entre autres par les rendements.
Malgré les difficultés actuelles, nous devons garder confiance. Nous venons de vivre un électrochoc collectif qui, je le souhaite, rappellera à tous les citoyens que la souveraineté alimentaire n’est pas garantie sans un potentiel agricole. Il nous faut donc avancer ensemble et tenir bon.
La fête de l’agriculture du 22 et 23 août a été l’occasion de se retrouver pour parler de ce que nous traversons et des situations auxquelles nous sommes confrontées. Dans ces moments difficiles, c’est important de ne pas rester seul et de se réunir ! Les solutions, on les trouvera tous ensemble car il nous faut préserver notre beau métier et pouvoir en vivre.
Retrouvez cet édito et l'actualité de septembre 2026 dans le MAg CAVAC 604.

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