Filière BovineExercice 2016-2017

Des signes de reprise positifs

Si les trésoreries des éleveurs bovins restent tendues, l’espoir revient grâce à des signes de reprise sur certains marchés. Les relations nouvelles au sein de la filière ont fait bouger les lignes entre les acteurs alors que les enjeux sociétaux autour de l’élevage n’ont jamais été autant d’actualité !


La récolte en maïs a été pour le moins irrégulière en 2016, entrainant parfois de réelles difficultés fourragères. Néanmoins nos systèmes de polyculture-élevage ont montré leur résilience par la réorientation d’une partie de la production prévue en grain vers l’élevage. Bien anticipé par nos techniciens qui sont intervenus avec efficacité pour travailler les rations, cet épisode a déclenché une réflexion plus approfondie sur les systèmes fourragers. La culture de l’herbe, l’optimisation de l’exploitation des surfaces fourragères, l’efficacité du troupeau sont des axes majeurs pour renforcer la performance économique de nos élevages.


Sans décapitalisation, les marchés ont repris quelques couleurs. Dès l’été 2016, le lait a commencé à donner des signes positifs. Avec deux tiers de la production de viande européenne issue du cheptel laitier, cette nouvelle donne a ralenti les fortes sorties de réformes qui « plombaient » le marché des femelles depuis deux ans. Parallèlement la consommation nationale continue de patiner et s’érode un peu plus chaque année. Elle s’oriente clairement vers le développement des produits transformés avec un effet de banalisation de la viande bovine via le steak haché, mais également le développement des filières qualité différençiantes, notamment les labels de races blonde, limousine et charolaise.

Développer des relations fortes avec les distributeurs

C’est dans ce contexte que se sont mises en place de nouvelles relations dans la filière avec des accords nationaux et une négociation de plus en plus directe entre le maillon de la production et celui de la distribution. Bouleversant des équilibres fragiles au sein des différents acteurs, elles se sont appuyées sur des filières structurées et fortes comme l’IGP Bœuf de Vendée pour Système U ou la filière qualité Carrefour. Elle a fait naître de nouvelles relations que nous avons accompagnées s’appuyant sur la proximité avec certains magasins indépendants. Après une année de fonctionnement, force est de constater que l’effet « cœur de gamme » a eu un impact fort pour nos adhérents : immédiatement opérationnel il a drainé 15 % des compléments de prix nationaux et touché une grande majorité d’entre eux. Le développement de relations fortes avec les distributeurs est une orientation forte de Bovineo pour l’avenir.

Activation des caisses incitatives et régulatrices

Parallèlement, les flux vers l’Europe du sud ont retrouvé un certain équilibre. La Grèce, mais aussi l’Italie sont revenus aux achats, poussés par une stabilisation de leurs économies après des années de turbulences financières. L’effet s’est ressenti sur les flux de commercialisation de jeunes bovins qui n’ont pas connu de retard d’enlèvement bien que les cours n’aient repris qu’en fin d’hiver et soient désormais bien orientés. Les producteurs se sont ainsi retrouvés en réelles difficultés en 2016. Ainsi, Bovineo a activé sa caisse d’incitation permettant de stabiliser les cours sur l’été et d’apporter des garanties sur la période hivernale. Pour les investisseurs, c’est la caisse cap qui a compensé la baisse des prix et assuré la pérennité des ateliers d’engraissement, jouant le rôle d’amortisseur économique. Etendue aux jeunes naisseurs-engraisseurs qui le souhaitent, elle structure toute la filière d’engraissement réelle force de la région.

Hausse des ventes de bovins maigres

La commercialisation de bovins maigres est en forte progression, +38 % depuis la création de Bovineo. L’élargissement de notre panel de clients, la mise en œuvre d’actions spécifiques comme le « broutard certifié », l’accès aux marchés d’exportation se sont encore développés cette année. L’export est devenu un pilier important de notre travail, avec la complexité commerciale, logistique mais aussi administrative et sanitaire qui le caractérise. C’est un réel atout pour nos adhérents. Le dynamisme des flux de reproductrices laitières dans un marché pourtant atone depuis près de deux ans, en est un bel exemple. Complété par les actions Croiséo pour les veaux et Laitéo pour les réformes, c’est désormais un panel complet qui est proposé aux éleveurs laitiers en complément des contrats de jeunes bovins réservés McDo avec nos clients MBO et BCS, et des génisses pleines.

Être à l’écoute des attentes sociétales

Au-delà des marchés et de la production, le réel défi qui s’offre à nous est désormais l’écoute de la société. De quelques groupuscules de militants pris, à tort, pour des originaux, les lobbies anti-viande ont acquis un poids médiatique important, véhiculant de la désinformation sur le bien-être animal et diabolisant l’élevage français. Il est temps de reprendre la main, chacun à son niveau. Il ne s’agit plus d’un bras de fer entre opérateurs, mais d’une cause commune si nous ne voulons pas être marginalisés. D’ores et déjà certains clients souhaitent pouvoir mettre en avant le bien-être animal, l’environnement, la santé pour réassurer leurs consommateurs. Alors sachons Dialoguer avec les organisations wellfariste constructives, sachons démontrer à nos décideurs politiques l’impact d’une régression de l’élevage, sachons expliquer à notre entourage les atouts sociétaux de nos actions, sachons mettre en place les garanties d’un travail bien fait comme nous avons su le faire il y a 20 ans développer les démarches qualité qui ont structuré nos débouchés. Nos équipes y sont préparées, dès cet automne des diagnostics bien-être animal et environnementaux seront mis en place.


Image d’illustration : éleveurs, transformateurs et grande distribution réunis pour fêter l’anniversaire de la filière Qualité Carrefour en septembre 2017


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