Exercice 2025-2026
Serrons-nous les coudes !
Par Franck Bluteau, Président
Le contexte actuel, économique et géopolitique, bouscule nos repères. Nous le voyons, les marchés des céréales sont trop bas, les charges augmentent – engrais, énergie, carburants – et le manque de visibilité pèse sur les décisions de chacun. Nous le voyons aussi sur le terrain: les équilibres sont plus difficiles à tenir, les trésoreries des exploitations sont mises à mal. Cette réalité, nous l’entendons et nous la comprenons.
Dans ces périodes, il est essentiel de garder la tête froide pour ne pas remettre tout en cause. L’histoire nous montre, y compris à l’échelle mondiale, que le manque d’échange et de recul conduit souvent à l’incompréhension — et c’est ce qu’il faut éviter à tout prix. Nous devons continuer à privilégier ce qui a toujours fait notre force: le collectif, le dialogue et le respect. C’est dans cet esprit que nous pourrons avancer ensemble, même dans un environnement complexe. Malgré la conjoncture particulièrement difficile, marquée par des prix des céréales inférieurs aux coûts de production, nous devons garder espoir. Personne n’imagine que des niveaux de prix durablement bas puissent se maintenir sans conséquences globales pour l’agriculture nationale et internationale.
Face à la situation, le Conseil d’administration s’est pleinement mobilisé afin de proposer des compléments de prix significatifs sur les volumes à l’acompte qui représentent plus de 80 000 tonnes. Nos primes filières pour les céréales et la prime de multiplication pour les semences, viennent s’ajouter aux prix proposés, amortissant autant que faire se peut, le manque de valorisation des céréales par le marché. L’enveloppe globale dépasse les 2 millions d’euros. Cette décision, prise collectivement, a été rendue possible par le travail engagé depuis plusieurs années sur nos filières, via la contractualisation, via Agri-Éthique et bien d’autres dispositifs.
C’est dans ces moments difficiles que l’on voit concrètement l’intérêt d’avoir fait les bons choix. Bien sûr, nous savons que cela ne sera pas suffisant. Mais sans ce travail de structuration engagé dans la durée, nous n’aurions pas disposé de ces leviers aujourd’hui. Et nous pouvons aussi compter sur le travail des équipes pour valoriser au mieux nos productions dans un marché mondial déconnecté de nos coûts de production. Dans un environnement particulièrement changeant, il n’est pas exclu que le retournement de marché tant attendu puisse enfin se produire, entre géopolitique et impact climatique dans une grande zone de production, tout peut arriver! La variabilité des cours n’a pas toujours été baissière.
L’agriculture a toujours traversé des hauts et des bas. Souvenez-vous, Il y a quelques années, nos productions animales connaissaient, elles aussi, des prix sous les coûts de production, avant de retrouver aujourd’hui des bons niveaux de valorisation. Nous le savons, l’agriculture a toujours été un secteur exposé à la loi de l’offre et de la demande dans un marché mondialisé, mais notre modèle coopératif a prouvé sa résilience, alors continuons à garder le cap et poursuivons nos efforts de contractualisation avec nos partenaires pour moins dépendre des marchés. Partager, écouter, même lorsque les inquiétudes sont fortes, c’est dans les échanges que se trouvent les solutions. Serrons-nous les coudes et restons confiants
Retrouvez cet édito et l'actualité de juin 2026 dans le MAg CAVAC 602.

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