Exercice 2025-2026
Une collecte d’une précocité inédite
Par Franck Bluteau, Président
Jamais la collecte d’été n’aura été aussi précoce et rapide ! Les effets du changement climatique se font sentir très concrètement sur nos exploitations et notre organisation. Le manque d’eau en avril et les deux vagues de canicule en mai et juin impacteront forcément les rendements, même si les résultats seront variables d’une zone à l’autre selon les précocités. Si les prévisions de rendements s’annoncent erratiques d’un terroir à l’autre, les premiers échantillons analysés révèlent en revanche de bons résultats, tant sur les poids spécifiques que sur les taux de protéines. C’est une bonne nouvelle !
La précocité et la rapidité des collectes ont également un impact sur notre organisation et l’ordonnancement des récoltes tant pour les battages, qui seront de plus en plus difficiles en pleine journée, que pour la collecte sur nos plateformes. La mobilisation et l’engagement de chacun participent aux succès de la collecte. MERCI !
Lors de nos journées Positiv’2030, il y a un an, Anne-Monique Bodilis, ingénieure chez Arvalis avait souligné ces effets du changement climatique sur l’agriculture, notamment, cette précocité des récoltes que nous vivons actuellement et l’adaptation nécessaire pour préserver nos cultures et nos rendements. Ce qu’on vit depuis trois ans, entre excès d’eau et excès de chaleur avec l’augmentation des sommes de températures, nous amènera forcément à devoir rapidement faire évoluer nos pratiques, même si les solutions ne sont pas évidentes. C’est ce à quoi la coopérative, avec ses élus et ses équipes, travaille depuis plusieurs années et continuera à le faire.
Les solutions passent sans doute par de nouvelles génétiques et par de nouveaux assolements adaptés aux évolutions climatiques. Des opportunités de nouvelles cultures et filières peuvent émerger de cette situation. Elles se construisent sur plusieurs années avec des améliorations continues à apporter. Cavac œuvre dans ce sens depuis longtemps, à l’image de la filière chanvre et du développement de l’activité légumineuses. Ces cultures répondent à la diversité des assolements et demandent moins d’azote pour elles-mêmes tout en en apportant aux cultures suivantes. Nous allons continuer à soutenir ces productions qui nous rendent moins dépendant à une sole de blé ou de maïs, nos cultures principales et historiques. C’est dans cette même logique que les cultures de lin et de seigle, avec des apports d’azote limités, seront étendues. De nouvelles filières ont été trouvées, ce qui nous permet cette année d’ouvrir 1 800 ha supplémentaires en lin et en seigle. Globalement, nous sommes dans une bonne dynamique de contractualisation avec l’aval. Nos céréales en filières passent ainsi de 30 000 ha à 37 000 ha avec une répartition équilibrée sur nos trois territoires.
Le Conseil d’administration reste très attentif à toutes ces évolutions. Il a notamment décidé d’augmenter la prime du blé qualité meunière : Meunier Cavac, NFV (Irtac) et Harrys. Cette prime tient compte à la fois des prix de l’azote, en forte hausse et du prix de marché des céréales, en berne. C’est un moyen complémentaire pour la coopérative de soutenir les démarches en filières.
Retrouvez cet édito et l'actualité de juillet 2026 dans le MAg CAVAC 603.

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